mardi 25 février 2014

L'Express parle de notre liste !

Municipales : Les ultra-nationalistes doublent le FN à Vénissieux

Les leaders de deux groupuscules d'extrême-droite dissous par Manuel Valls refont surface dans la banlieue lyonnaise 


Municipales : Les ultra-nationalistes doublent le FN à Vénissieux
Les deux exclus du FN, à la tête de groupuscules dissous par décret présidentiel en juillet 2013, chassent sur les terres de leur ancien parti à Vénissieux (Rhône).
afp.com/Lionel Bonaventure

Tandis que le Front National lyonnais tarde à déposer auprès de la Préfecture ses listes pour les municipales, initialement promises pour le 10 février, deux exclus de la fédération frontiste du Rhône, Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac, ont remis hier les 49 noms de leur liste Vénissieux fait Front. Marine Le Pen avait débarqué les deux ultras sulfureux, habitués des opérations coups de poing et propos outranciers, en prenant la présidence du parti en 2011, sur fond de purge des Gollnischiens - dont ils étaient. Son bras droit Benedetti, 47 ans, viré pour s'être proclamé " antisioniste, antisémite et antijuif " sur un site internet, avait alors pris la tête de l'Oeuvre Française, mouvement ouvertement pétainiste dont il était issu. Tandis que son poulain Alexandre Gabriac, 23 ans, coupable d'un salut nazi photographié, créait les Jeunesses Nationalistes, sorte de vivier de l'Oeuvre. Manuel Valls avait dissous ces deux groupuscules nauséabonds (avec d'autres) en juillet dernier, un mois après le meurtre de Clément Méric.  

Sur son compte Twitter, le virulent Benedetti se présente toujours comme le "président envers et contre tout" du "mouvement interdit par la dictature socialiste". Déjà conseiller municipal de Vénissieux, la tête de liste nationaliste emprunte le même slogan qu'en 2008, quand il oeuvrait sous la bannière du FN. Alexandre Gabriac, plus jeune élu de France en 2010 (dans l'Isère) à 19 ans, au Conseil Régional, s'est fait domicilier fin 2013 dans la troisième commune du Rhône et figure en 3e position, parité oblige. La préfecture a validé la liste (qui compte 4 candidats nés dans les années 1920, jusqu'en 1923, et 11 dans les années 1930) après des vérifications minutieuses. Le candidat s'y attendait, qui affirmait par avance dans son communiqué que le préfet, Jean-François Carenco, "a fait du combat contre nous, nationalistes, une affaire personnelle". Ledit préfet a, il est vrai, depuis novembre, le statut de témoin assisté dans une procédure d'injure publique intentée par Benedetti... 

Christophe Boudot, candidat Bleu Marine à Lyon et président de la fédération départementale du FN, reconnait avoir "échoué à constituer une liste à Vénissieux ", où son parti avait pourtant réalisé 38% des voix aux dernières élections législatives. "Je ne m'en cache pas : Benedetti est parti avec la moitié de nos forces. Je le dis catégoriquement : je ne le soutiendrai pas, c'est un adversaire". En dépit de leur mentor commun, Bruno Gollnisch.

Léa Delpont

Source : L'Express