lundi 24 février 2014

Rue 89 parle de notre liste !




A Vénissieux, le FN laisse la place aux ultranationalistes Benedetti et Gabriac
 


Toutes les occasions sont bonnes pour faire parler d’eux. Ils s’étaient fait connaître en multipliant des « opérations coups de poing » médiatiques contre le Mariage pour tous. Un an après, les ultranationalistes Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac se présentent aux municipales à Vénissieux. Le premier y menait déjà une liste FN en 2008, parti dont ils ont été exclus depuis.

Ce lundi après-midi, ils ont déposé les 49 noms à la préfecture du Rhône qui dispose de quatre jours pour vérifier la conformité de cette liste d’extrême droite.

Pacte de non-agression entre les ultranationalistes et le FN

Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti se sont fait élire sous l’étiquette FN. L’un est toujours conseiller régional élu en Isère et l’autre est conseiller municipal de Vénissieux.
Ils ont tous les deux été exclus du parti après l’arrivée à la présidence de Marine Le Pen : Yvan Benedetti, pour s’être déclaré « antisémite, anti-sioniste et anti-juifs » et Alexandre Gabriac pour plusieurs photos où on le voit effectuant le salut nazi.
Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti ont continué leurs activités à la tête de deux groupuscules de l’extrême droite radicale (l’Oeuvre française et les Jeunesses nationalistes) jusqu’à leur dissolution en juillet dernier.
Malgré leur exclusion du FN, les relations entre les deux élus et la direction départementale du parti semblent plutôt bonnes. Quand Jean-Marie Le Pen vient en visite à Lyon, ils sont là et toute la famille est de nouveau réunie.
Malgré les bons scores réalisés par la liste conduite par Yvan Benedetti aux municipales de 2008 (15% des voix), le FN n’y a pas monté de liste pour 2014. Ce qui laisse le champ libre aux exclus, qui ne collent pourtant pas avec la ligne de Marine Le Pen.
La figure tutélaire de Bruno Gollnisch, conseiller régional FN, peut expliquer ce pacte local de non-agression. Yvan Benedetti, Alexandre Gabriac, comme Christophe Boudot (tête de liste FN aux municipales à Lyon) sont des proches de l’ancien patron du FN à Lyon et en Rhône-Alpes, challenger malheureux de Marine Le Pen à la présidence du parti frontiste.
En prime, les ultranationalistes ont choisi l’ambiguïté pour séduire l’électorat de Marine Le Pen.
  • Leur liste « Vénissieux fait front » porte le même nom que la liste FN de 2008.
  • Sur les tracts et les affiches, on peut lire en gros caractères : « Alexandre Gabriac conseiller régional, élu sur la liste Front National ».

Quelle efficacité de la dissolution des groupuscules de l’extrême droite radicale ?

L’existence de cette liste pose la question de l’efficacité des procédures de dissolution de l’Oeuvre française et des Jeunesses nationalistes, décidées en juillet dernier par Manuel Valls, ministre de l’intérieur.
  • L’Oeuvre française, qui comptait quelque 200 membres, était l’une des plus vieilles formations d’extrême droite française. Pétainiste, ce groupuscule s’affichait antisioniste pour mieux diffuser des messages à caractère antisémite.
  • Quant aux Jeunesses nationalistes, c’est la branche « jeune » de l’Oeuvre. Le groupuscule a été fondé en 2011 par Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac.
Depuis la dissolution, les deux ultras ont multiplié les réunions publiques. Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac continuent une activité militante en ayant simplement perdu leur « marque » d’origine. Ils pourraient donc potentiellement être poursuivis pour reconstitution de ligue dissoute.

Source : Rue 89 Lyon